Sous-thèmes
Article
Chine-Afrique : une relation à sens unique?

Depuis quelques années, la Chine occupe une place prédominante sur le continent africain en finançant les politiques de développement du continent. En contrepartie, près de 1000 entreprises chinoises se sont déjà installées sur le territoire africain. Elles y exploitent les champs de pétrole et les ressources minières. Mais cet échange de bons procédés profite-t-il vraiment à l’Afrique?
Des investissements massifs
Depuis quelques années, la Chine multiplie ses traités commerciaux avec l’Afrique. Actuellement, la Chine a investit près de 11 milliards de dollars en Afrique, soit l'équivalent de 10 % sur l’ensemble des investissements mondiaux dans le continent.
Rien que pour le Congo, 6,5 milliards de dollars vont être déboursés du portefeuille chinois pour la réalisation de projets colossaux : 6000 km de routes, 3200 km de chemin de fer, 3000 logements, 32 hôpitaux…
De réels avantages pour les Africains ?
En contrepartie de ses investissements, la Chine a négocié l'exploitation des mines de certaines régions africaines. Et les projets chinois ont vu débarquer avec eux quelque 750 000 migrants chinois en Afrique.
La Chine pousse en effet ses concitoyens à s’installer dans d’autres pays du monde pour pallier à la forte croissance de la population. Les usines chinoises implantées en Afrique emploient donc les nouveaux arrivants au lieu de former les populations locales, procédé qui est pourtant une des clés de l'autonomie future de l'Afrique.
Des travailleurs sans droits
L’Union européenne critique cette stratégie car les entreprises chinoises bafouent les normes internationales du droit du travail. Elles exploitent et sous-payent leurs salariés, Africains ou Chinois.
Or, la Chine investit surtout dans des pays en difficulté ou sous des régimes totalitaires. Dès lors, leurs dirigeants s’expriment très peu à propos du respect des droits de l’homme à l’intérieur de leurs frontières et se délectent de ce partenariat commercial qui leur permet d'assouvir encore leur pouvoir.
L’attitude du Vieux Continent
La principale différence entre la Chine et l’Europe vient de la notion de bonne gouvernance. Les Européens exigent généralement de leurs partenaires africains qu’ils améliorent les conditions de droits de l’homme dans leurs pays en échange de l'aide au développement.
Contrairement à la Chine, l’Union européenne s’ingère donc dans les affaires internes des pays en voie de développement et leur impose des conditions destinées à les démocratiser. La Chine, qui n'a pas ce genre de préoccupation, s'est vue commercer avec quelques-unes des pires dictatures comme celle du Soudan et de la Zambie.
Quel avenir pour l’Afrique ?
Beaucoup voient d’un mauvais œil les prêts que la Chine octroie à l’Afrique. Toutefois, l’Europe et la Chine doivent aujourd'hui tenir compte l’une de l’autre pour leur commerce avec l’Afrique, faire preuve de complémentarité et non de concurrence. Sinon, il se pourrait bien que le berceau de l’Humanité devienne un simple terrain de jeu entre les grandes puissances et que ses blessures s’aggravent encore.
Sommaire
- La Chine ancienne, une histoire de familles
- Histoire contemporaine de la Chine
- Mao Tsé-toung, révolutionnaire ou dictateur?
- Quand l'économie chinoise fait "boum"
- Chine-Afrique : une relation à sens unique?
- La Chine, un “Etat multinational uni”
- La Chine se désintéresse-t-elle de l'environnement?
- Les droits de l'Homme en Chine









Commentaires (0)